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«Le peuple est le chef»

Allocution de Adrian Amstutz, membre du comité de Pro Suisse, ancien conseiller aux États / conseiller national, responsable du projet relatif au traité de soumission à l’UE sur le site du Tellspiel, à Matten près d’Interlaken, vendredi, 31 juillet 2026

Version écrite (PDF)

L’intervenant se réserve le droit de s’écarter sensiblement de la version écrite.

Chères cheffes et chers chefs de la Suisse

C’est vous toutes et vous tous, chères concitoyennes et chers concitoyens.

Et non les membres du Conseil fédéral ou du Parlement, même si ceux‑ci s’arrogent de plus en plus le droit de s’emparer du pouvoir et vont jusqu’à passer outre les décisions du peuple.

Ils ne reculent même plus devant la manipulation du peuple avant les votations, en diffusant de fausses informations.

Souvenez‑vous de la votation sur l’EEE en 1992, lorsque Berne menaçait: si le peuple et les cantons votaient «Non», les entreprises suisses partiraient à l’étranger, des dizaines de milliers d’emplois seraient perdus, le franc suisse s’effondrerait et la Suisse s’appauvrirait.

Et qu’est‑il arrivé après le «Non» courageux du peuple et des cantons? Le contraire.

Souvenez‑vous de la votation sur les accords de Schengen/Dublin. On nous promettait moins de requérants d’asile, moins de criminalité et davantage de sécurité.

Qu’est-il arrivé? Le contraire. Plus de requérants d’asile, plus de criminalité et moins de sécurité. 

Ou souvenez‑vous des mensonges proférés avant la votation sur la libre circulation des personnes.

On affirmait que la crainte d’une immigration de masse était totalement infondée: il ne viendrait que 8000 à 10 000 personnes. Et qu’est-il arrivé? Il en est venu dix fois plus.

L’arrogance du pouvoir et le mépris de la démocratie qui règnent au Palais fédéral se manifestent aussi de manière exemplaire dans la non‑application, contraire à la Constitution, de l’initiative contre l’immigration de masse pourtant approuvée par le peuple et les cantons.

Ou encore dans l’oubli du mandat fondamental de l’armée: défendre le pays et ainsi protéger les habitantes et les habitants de la Suisse contre la guerre.

Même la neutralité éprouvée, permanente et armée a été dangereusement vidée de sa substance.

Aux yeux de la Russie comme des États‑Unis, la Suisse n’est plus neutre depuis qu’elle a repris les sanctions de l’UE.

Dans ces conditions, toutes les déclarations de neutralité du conseiller fédéral Cassis ne sont plus qu’une dangereuse illusion.

Au Palais fédéral, on observe dans la politique comme dans l’administration une autosuffisance de plus en plus déconnectée, qui n’a pas sa place dans notre démocratie directe.

Et nombre de personnes au Palais fédéral ont déjà adopté des manières de fonctionnaires européens et se placent au‑dessus du peuple.

C’est pourquoi, chères concitoyennes et chers concitoyens, il faut sans cesse rappeler à ces arrogants:

En Suisse, c’est le peuple qui est le chef!

C’est pourquoi il appartient, chères concitoyennes et chers concitoyens, d’arrêter net les conducteurs de cette charrette lancée dans une mauvaise direction, celle de l’UE.


Et qui doit le faire? Le chef!

En Suisse, le peuple détient la plus haute autorité politique. Grâce à la démocratie directe, les citoyennes et les citoyens décident eux‑mêmes des lois, des réformes et des orientations fondamentales du pays.

Ce système est unique au monde. Mais il ne fonctionne que si le peuple prend au sérieux son rôle de «chef».

Notre liberté et notre autodétermination ne doivent rien au hasard, mais sont le résultat de décisions responsables prises au fil de nombreuses générations.

Mais ces valeurs fondamentales sont aujourd’hui de plus en plus menacées.

La participation aux votations recule, et trop de personnes laissent le gouvernail à ceux qui ont oublié la Suisse. 

Notre démocratie directe et notre neutralité ne vont pas de soi.

Elles doivent être préservées et protégées.

Qui ne vote pas sera voté, et c’est pourquoi voter et participer aux votations est un devoir civique.

Nous ne devons en aucun cas accepter un rapprochement avec l’OTAN, ni encore moins un traité de soumission à l’UE qui détruirait le cœur de notre démocratie directe et réduirait les cheffes et chefs de la Suisse d’aujourd’hui au rang d’exécutants de fonctionnaires européens.

Chères concitoyennes, chers concitoyens: nous avons le devoir de nous engager pour que la Suisse reste la Suisse!