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Neutralité suisse: la piste de l’argent mène à Washington

Le 27 septembre, les Suisses ont refusé à 70,1% d'inscrire la neutralité dans leur Constitution. Aucun canton n'a dit oui. Le résultat est net, mais il laisse une question entière: qui façonne, loin des urnes, la politique étrangère du pays? Pour y répondre, le média romand L’Impertinent a suivi l'argent.

La piste mène à l’Atlantic Council, un think tank de Washington né en 1961 pour soutenir l’Alliance atlantique, et que l’OTAN finance elle-même. L’Impertinent a épluché onze ans de listes de donateurs. On y trouve le Département fédéral des affaires étrangères, celui-là même qui a lancé la campagne du non: entre 135’000 et 275’000 dollars d’argent public versés de 2019 à 2025, sans que rien, dans les documents consultés, ne dise à quoi ils servent. On y trouve aussi UBS, Roche et Glencore, trois groupes représentés au comité d’economiesuisse, la faîtière des entreprises qui a payé à elle seule les deux tiers de la campagne contre l’initiative.

Le premier donateur suisse n’est pourtant ni une banque ni un géant de la pharma. C’est une entreprise vaudoise que personne n’attend là: au moins 4,1 millions de dollars en onze ans, et une place dans la tranche la plus élevée, celle du Pentagone. Son patron siège au conseil consultatif du think tank. Ce que cet argent a financé est écrit noir sur blanc dans les rapports de l’institution, et l’un des épisodes touche à une autre votation suisse.

Cet argent explique-t-il le vote? Non: le camp le mieux doté a d’ailleurs perdu. Mais il dit où se situe le consensus que ce vote a reconduit. Et il éclaire d’un autre jour le sort de ceux qui s’en écartent à Berne: depuis 2023, cinq diplomates et officiers réputés critiques envers un rapprochement avec l’OTAN ont perdu leur poste, selon le recensement du journaliste Rafael Lutz.

Le nom de ce donateur, les montants année par année et les cinq mécanismes qui font presque toujours gagner le non: l’article complet est à lire sur L’Impertinent.

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Amèle Debey,
journaliste RP et fondatrice de L’Impertinent, média indépendant basé à Lausanne – qui cherche actuellement des abonnements supplémentaires pour pouvoir survivre et poursuivre son travail d’information