La Confédération de son côté assure que la Suisse pourra maintenir ses règles en dépit de la législation européenne ce qui ne semble pourtant pas être au cœur du projet. Si la question semble secondaire dans le cadre des accords, elle révèle le risque réel que représente la soumission aux normes européennes voulue par ce traité.
L’abattage rituel… de nos institutions
L’exemple de l’abattage rituel n’est pas en soi le cœur du débat, mais le symbole d’une fracture fondamentale entre la Suisse et l’Union européenne. Le véritable enjeu est le pouvoir de décision qu’aura la Suisse si ces accords sont signés. L’UE peut imposer une reprise automatique de son droit, au nom d’une « harmonisation » soi-disant bénéfique. Ce mécanisme transformerait notre pays en simple exécutant des décisions prises ailleurs, sans débat démocratique, sans recours envisageable et surtout sans consultation du peuple.
Aujourd’hui, la question porte sur une question secondaire. Mais demain, ce seront nos politiques énergétiques, agricoles, migratoires ou sociales qui seront mises sur la table et risquent d’être « harmonisées ». Bruxelles pourrait alors imposer des réglementations beaucoup plus restrictives, voire contraires à nos intérêts nationaux et ce, sans l’aval de la population : nous n’aurions d’autre choix que de nous soumettre. L’abattage serait alors total : notre démocratie directe, notre neutralité et notre souveraineté institutionnelle seraient toutes sacrifiées sur l’autel bureaucrate européen.
L’Europe découpe nos libertés à la chaîne
L’accord-cadre et ses déclinaisons actuelles fonctionnent comme une chaîne d’abattage institutionnelle : une fois la Suisse placée sur le convoyeur, chaque compétence nationale est méthodiquement retirée jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de notre indépendance. Sous couvert de modernité et d’efficacité, l’Union Européenne avance une logique de contrôle et de centralisation qui s’oppose radicalement au modèle suisse fondé sur la confiance, la responsabilité et la proximité démocratique.
La récente interpellation 25.3976 au Parlement a rappelé que l’art. 21 de la loi sur la protection des animaux interdit l’abattage sans étourdissement, afin d’éviter la souffrance animale. Or, le projet d’accords Suisse–UE prévoit la suppression de cette disposition au profit du droit européen, lequel autorise des exceptions pour les abattages religieux. Le sujet du bien-être animal est donc un nouvel exemple concret de l’affaiblissement de nos normes suisses, de la soumission silencieuse à l’UE et de la perte de maîtrise législative face à la bureaucratie et à l’idéologie bruxelloise.
Notre pays a bâti sa réussite sur son indépendance et sur la liberté à discerner seule de son destin. Nous ne devons pas laisser Bruxelles trancher librement dans nos institutions. Le peuple suisse doit rester seul maître de son avenir.
Si nous ne faisons rien, c’est la Suisse, notre souveraineté et surtout notre démocratie directe qui se retrouveront à l’abattoir.
NON à la soumission à Bruxelles et à l’assujettissement 2.0 au Bailli Gessler !
Nicolas Kolly,
Conseiller national,
Le Mouret (FR)