Avec la reprise dynamique du droit européen dans les domaines concernés, de nouvelles règles élaborées dans l’UE pourront être reprises en Suisse. Certes, nos procédures démocratiques demeureront formellement applicables. Mais que se passera-t-il si le peuple suisse refuse une reprise ? L’Union européenne pourra engager une procédure pouvant aboutir à des mesures de compensation. Notre liberté de dire « non » risque ainsi d’avoir un prix.
Pour les cantons, l’enjeu est considérable. Chaque transfert de compétences et chaque nouvelle contrainte extérieure réduisent la marge de manœuvre de collectivités qui constituent pourtant le cœur de notre fédéralisme. Le Valais sait mieux que quiconque combien cette autonomie est précieuse : nos réalités économiques, agricoles, énergétiques ou territoriales ne se décident pas efficacement depuis des bureaux éloignés de ceux qui les vivent.
La question dépasse donc largement quelques accords techniques. Elle touche à notre conception même de la Suisse. Voulons-nous continuer à décider nous-mêmes de nos lois, dans nos communes, nos cantons et par notre démocratie directe, ou accepter qu’une part croissante des règles qui nous concernent soit élaborée ailleurs ?
Notre souveraineté n’est pas une antiquité dont nous devrions avoir honte. Elle est notre droit de décider librement de notre avenir. Et ce droit appartient au peuple et aux cantons. Disons donc NON au diktat de l’UE !

Jérôme Desmeules,
vice-chef du groupe des députés (VS)