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La mariée est laide : maquillons-la !

Bruxelles impose sa loi, la Berne fédérale capitule et le peuple suisse est censé se taire et payer.

Nul doute que la Suisse sera bien apprêtée le soir de ses noces avec Bruxelles, mais la mauvaise surprise risque d’arriver au moment du réveil. Réfléchissons bien avant de dire oui aux accords « bilatéraux », car il faudra ensuite se taire à tout jamais.

La Suisse existe !
Les parlementaires ont commencé à débattre du paquet d’accords européens, faussement mais ingénieusement baptisé « bilatérales III ». Pourquoi faussement ? Parce que ce paquet d’accords n’a rien de bilatéral. Il prévoit la soumission de la Suisse à la législation européenne. Pourquoi ingénieusement ? Car appeler ce paquet d’accords par ce qu’il prévoit réellement – la vassalisation de la Suisse à la juridiction de l’Union européenne – n’est pas sexy. En clair, la mariée est laide. Il faut donc l’embellir en la maquillant.

La bilatéralité implique un traitement équitable entre deux entités. Or, ce n’est précisément plus le cas avec ce nouveau paquet d’accords que l’UE entend imposer à la Suisse. On passe de l’union libre au mariage forcé. Alors, vu que les bilatérales I et II ont été acceptées, quoi de mieux que de maquiller la nature de ce nouveau paquet d’accords en le baptisant comme les deux premiers afin de rassurer les Suisses ?

Pour trier le bon grain de l’ivraie et tenter d’y voir clair, revenons au début des années 2000. La Suisse accepte coup sur coup les accords bilatéraux I (2000) et II (2005). La voie bilatérale entre la Suisse et l’UE est encensée et une petite romance s’installe entre Berne et Bruxelles. Sur cette lancée, le Conseil fédéral envisage de nouveaux accords, notamment au sujet de l’électricité (2006).

Alors que l’histoire d’amour entre Bruxelles et Berne semble idyllique, voilà que le ciel s’assombrit. En décembre 2008, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, informe la Suisse que tout nouvel accord fera l’objet d’une reprise de la législation européenne. Fini l’union libre, Bruxelles veut des fiançailles !

À bien y regarder, la Suisse est un bon parti : elle a une bonne situation et, entre ses lacs, ses villes médiévales, ses vertes vallées et ses majestueuses montagnes, elle est plutôt jolie.

« C’est compliqué »
Mais la Suisse hésite. Contrairement à elle, la fiancée européenne est belle de loin, mais loin d’être belle. Toutefois, pour éviter de frustrer sa dulcinée, le Conseil fédéral temporise et accepte de discuter des fiançailles avec Bruxelles.

Or, la lenteur suisse à concrétiser les fiançailles irrite. C’est pourquoi, pendant plus d’une décennie, la relation se tend. Les petites chicanes de Bruxelles contre Berne s’accumulent (mesures prises contre le monde universitaire, non-reconnaissance de l’équivalence boursière ou encore obstacles techniques au commerce). « C’est compliqué », comme on pouvait lire sur les profils Facebook durant la décennie 2010 au sujet des relations sentimentales.

En mai 2021, lassé après une décennie perdue, Guy Parmelin a pris son courage à deux mains et est allé rompre les fiançailles à Bruxelles. Fin de l’histoire d’amour ? Évidemment que non, car l’UE n’avait pas dit son dernier mot !

Se taire à tout jamais
Frustrée, Bruxelles décida de se faire un ravalement de façade : ce mariage (forcé) entre elle et la Suisse aura lieu, quoi qu’il en coûte. Patiente, la fiancée européenne éconduite attendit donc son heure, guettant le bon moment pour remettre le grappin sur ce fiancé, décidément trop attractif pour être laissé libre de butiner ailleurs.

Le 20 décembre 2024, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, est reçue à Berne par Viola Amherd, présidente de la Confédération. De nouvelles fiançailles sont célébrées et – cette fois-ci – il est hors de question que Bruxelles laisse passer sa chance. La Suisse est vraiment trop belle, trop attractive.

La mariée est laide, alors elle a été maquillée. Voilà pourquoi le paquet d’accords avec l’UE s’appelle « bilatérales III ». Nul doute que la mariée sera bien apprêtée le soir des noces, la mauvaise surprise risque d’arriver au moment du réveil. Réfléchissez bien avant de dire oui, car il faudra ensuite vous taire à tout jamais.

Chronique originale publiée dans Le Temps le 14.06.2026 :
https://www.letemps.ch/opinions/chroniques/la-mariee-est-laide-maquillons-la?srsltid=AfmBOoqrL7tBEs8ojfQrCMQMZlJY-Q7a028lYkK-f1yv8bgIWZ5W_AN2

Kevin Grangier
Coordinateur romand de Pro Suisse, 
Noville (VD)

Refuser ces accords, c’est préserver notre souveraineté et la qualité de notre administration.
Nous refusons :  D’OBÉIR, D’ÊTRE SURVEILLÉS, DE PAYER ET DE NOUS TAIRE !