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La neutralité suisse fait face à une nouvelle épreuve

Berne, le 27 septembre 2026 – Le comité prend acte avec un profond regret du rejet de l'initiative sur la neutralité. La Suisse passe à côté d'une occasion de se prémunir contre les pressions en matière de politique intérieure et étrangère. Le risque de guerre s'en trouve ainsi accru en Suisse. Ce refus porte gravement atteinte à la crédibilité de la neutralité suisse à l'échelle mondiale.

Le débat autour de cette votation a montré que la Suisse n’en est pas au terme d’une réflexion sur l’importance de la neutralité suisse, mais qu’elle n’en est qu’au début. La campagne a permis, au-delà des clivages politiques, de sensibiliser la population, les responsables politiques, les milieux de la politique de sécurité et les dirigeants de l’armée à la guerre ou, plus précisément, au risque de guerre. C’est un début porteur d’espoir.

C’est précisément parce que la guerre est de retour en Europe que la Suisse doit à nouveau intégrer sérieusement les notions de guerre et de paix, de sécurité et de défense nationale dans les discussions sur la défense.

Il est désormais temps de tenir les promesses

Après le non populaire à la disposition constitutionnelle, ce sont désormais les opposants à l’initiative sur la neutralité qui portent la responsabilité de la prévention de la guerre. Ils ont souligné que la Suisse resterait neutre. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a déclaré lors de la conférence de presse du 11 août 2026 : « La Suisse était neutre, est neutre et restera neutre. » L’avenir nous dira ce que cela signifie. Il convient d’observer de près les actions du gouvernement. Le respect strict de la neutralité est toujours possible. Il n’est toutefois pas imposé par une norme constitutionnelle.

La réalité devient la pierre de touche de la neutralité

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Suisse a à plusieurs reprises repris les mesures de sanctions de l’UE contre la puissance nucléaire russe. Cela a fait de la Suisse une partie belligérante.

Cela a déjà eu des conséquences négatives pour les entreprises, comme avec la récente mise sous administration judiciaire de Nestlé en Russie, et a affaibli la diplomatie de paix. Dans le même temps, la coopération en matière de politique de sécurité avec l’UE, affaiblie sur les plans politique intérieur et économique, et en particulier avec l’OTAN, continue de se développer de manière dangereuse.

Une neutralité crédible permet à la Suisse d’offrir activement ses bons offices et de jouir d’une confiance mondiale en tant qu’État indépendant.

Perpétuelle, armée et globale

La neutralité ne signifie pas l’indifférence face à la guerre et à la souffrance, mais la préservation de sa propre indépendance et de sa sécurité. Elle permet à la Suisse de perpétuer sa tradition humanitaire et de continuer à offrir ses bons offices.

Le débat se poursuit

Le rejet de l’initiative n’apporte pas de réponse à la question de la neutralité ; celle-ci est entrée dans une nouvelle phase d’incertitude.

Le comité remercie toutes les citoyennes et tous les citoyens qui se sont engagés en faveur d’une neutralité suisse clairement ancrée dans la Constitution. La discussion se poursuit. La neutralité suisse reste l’une des missions politiques les plus importantes de la Suisse, que le peuple suisse ne doit pas abandonner. Comme dit l’adage : qui veut la paix prépare la guerre.