La sécurité est aujourd’hui un défi qui dépasse largement les frontières nationales. Criminalité organisée, terrorisme, cyberattaques ou catastrophes naturelles exigent une collaboration étroite entre les États. La Suisse participe déjà à de nombreux échanges d’informations, coordonne certaines actions avec ses voisins et développe des partenariats lorsqu’ils répondent à ses intérêts.
Cette coopération ne pose aucun problème tant qu’elle respecte notre liberté de décision. La neutralité n’a jamais empêché la Suisse de travailler avec d’autres pays. Elle fixe simplement un cadre clair : chaque engagement doit rester compatible avec notre indépendance et ne pas nous entraîner dans les choix politiques ou militaires d’autres États.
Ces dernières années, plusieurs projets ont toutefois été présentés comme de simples coopérations techniques. Ils concernent pourtant aussi les achats d’armement, l’interopérabilité militaire ou un rapprochement progressif avec les structures européennes de sécurité. Pris isolément, chacun de ces pas peut sembler limité. Ensemble, ils interrogent pourtant sur l’évolution de notre politique de neutralité et sur la direction que la Suisse entend prendre.
Une neutralité crédible protège notre indépendance
La force de la Suisse réside précisément dans sa capacité à coopérer avec tous sans appartenir à aucun bloc militaire. Cette position lui permet de défendre ses intérêts avec cohérence, de conserver sa crédibilité internationale et d’entretenir des relations de confiance avec des partenaires très différents.
Notre sécurité ne dépend pas d’un alignement automatique sur les décisions des autres États. Elle repose sur une armée de milice crédible, une politique étrangère indépendante et une neutralité clairement assumée. C’est cette combinaison qui a permis à notre pays de préserver sa liberté, sa stabilité et sa capacité d’action pendant des générations.
L’initiative sur la neutralité ne remet nullement en cause la coopération internationale. Elle rappelle simplement que celle-ci doit toujours rester compatible avec notre souveraineté et ne jamais conduire, progressivement, à une intégration militaire ou à un alignement qui affaiblirait la spécificité de la Suisse.
La Suisse peut coopérer sans renoncer à sa neutralité. Le 27 septembre, défendons une sécurité fondée sur l’indépendance en soutenant l’initiative sur la neutralité.

Jean-François Ramé
Jeunes UDC Valais